Un artiste au groove absolument contagieux
Voilà presque quinze années que le nom de Francisco Aguabella fait partie des artistes percussionnistes que j'écoute régulièrement, et qui ressort comme une référence évidente lorsqu'il s'agit de parler de congas, comme le sémillant Candido Camero ou les regrettés Carlos "Patato" Valdès et Mongo Santamaria.
Disparu récemment (07/05/2010 à l'âge de 84 ans*), Francisco Aguabella a eu la chance de faire de vastes traversées d'époques et collaborations durant sa carrière musicale. Rendons lui hommage ici, en retraçant quelques points de sa longue carrière.
En plus de soixante années d'exercice de son art, le maestro Francisco Aguabella est considéré à juste titre comme un légendaire conguero doublé d'un maître du tambour Batá.
Originaire de Cuba, qu'il quittera dans les années 1950 pour se produire avec Katherine Dunham dans le film de Shelley Winters "Mambo" (1954), tourné en Italie, Francisco découvre alors l'Europe du Sud. Après une tournée avec Katherine Dunham, il part vers les États-Unis et y effectue des tournées avec Peggy Lee pendant une longue période. C'est à cette occasion que le maestro Aguabella parcourt le monde, de l'Europe, à l'Australie, l'Asie, en passant bien entendu par l'Amérique du Sud et les États-Unis.
Dès cette période, Francisco Aguabella intervient comme musiciens de studio et de scène sur de nombreux disques devenus depuis des références en matière de latin-jazz ou de musique latine (salsa, rumba, mambo…).
Francisco Aguabella déploie un sens musical reconnu par tous, en étant très humble et d'une personnalité sensible qui lui permet de jouer avec les grands maîtres du jazz et latin-jazz comme Dizzy Gillespie, Tito Puente, Mongo Santamaria, Frank Sinatra, Perez Prado, Eddie Palmieri, Cachao, Lalo Schifrin, Cal Tjader, Peggy Lee, Nancy Wilson, Poncho Sanchez, Bebo Valdes, pour ne citer qu'eux.
Francisco Aguabella transcende les genres musicaux, quand bien même la sonorités des percussions latines peuvent parfois cloisonner, il joue et enregistre avec le "guitar-hero" Carlos Santana, ou Three Dog Night, Paul Simon, et même The Doors.
De cette créativité de caméléon qu'il déploie, Francisco Aguabella en sera récompensé tout au long de sa carrière par plusieurs prix et distinctions, la Bourse du patrimoine national de la National Endowment for the Arts, la Fondation des bourses de Durfee Master Musicians, et une haute reconnaissance par le Los Angeles County Arts Commission. Du petit écran au grand écran, il est aussi apparu durant toute sa carrière dans plusieurs films et documentaires dont "Sworn to the Drum", réalisé par le cinéaste Lee Blank.
Francisco Aguabella, le maître conguero est largement conseillé à ceux qui aiment les musiques latines aux racines profondes et fait partie des grands percussionnistes cubains qui ont contribué à la reconnaissances des musiques afro-latin-jazz.
Intervenant à l'UCLA dans le cadre du département d'ethnomusicologie, Francisco avait le feu de la passion et a su transmettre ses savoirs à de nombreux musiciens chanceux d'avoir pu le rencontrer, comme son élève et amie, la belle à croquer Melena (lire mon interview de Melena "la conga en jupon" via Percussions.org, réalisée en 2007). Il s'agit maintenant de ne pas l'oublier et d'en faire profiter les générations futures.
© Jimmy Braun - septembre 2010.
Site officiel et sources biographiques : http://www.franciscoaguabella.com
*Source du décès de Francisco Aguabella à Los Angeles, annoncé par son manager Orna Rachovitsky
Photo n°2 : © Tom Pich
Hommage au conguero Francisco Aguabella
Publié par La rédaction | samedi, septembre 04, 2010 | bongo, cascara, clave, Dizzy Gillespie, Francisco Aguabella, Frank Sinatra, histoire de la percussion, latin jazz, Mongo Santamaria, percussions, Perez Prado, Tito Puente | 0 commentaires »
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